Ma troisième participation au Marathon Desjardins de la vallée de la Rouge


J’effectue beaucoup de lecture sur la course à pied et la préparation physique. J’essaie constamment de m’améliorer en adoptant les exercices et les techniques qui donnent d’excellents résultats. J’avais lu en début d’année un article qui stipulait qu’une préparation pour un 5 km lorsqu’intégré dans une préparation marathon donnait des résultats super positifs. J’ai donc intégré une préparation pour un 5 km dans ma préparation marathon. Je veux courir vite alors quoi de mieux que de se préparer pour un 5 km, n’est-ce pas ?

Dans le cadre de ma préparation marathon, j’ai effectivement couru vite. Mon allure de référence pour mes fractionnés étaient de 3 minutes 30 secondes au km et mes tempos entre 3 minutes 55 secondes et 4 minutes 15 secondes au km. Mes longues sorties sont inspirées de la méthode Run Les Run Faster et j’effectuais un 30 minutes en échauffement suivi de 30 minutes allure de mes tempos, 5 minutes de retour au calme pour enchaîner avec 2 répétitions de 14 minutes allure marathon avec 2 minutes de récupération entre les répétitions. Je terminais avec 30 minutes de retour au calme. Mes « longues sorties » ne dépassaient pas 2 heures 5 minutes. En plus, le total de mes semaines n’a jamais fait plus de 58 km. Des petites semaines dans le monde du marathon.

En somme, en réduisant le volume d’entraînement, je peux développer davantage ma vitesse car j’ai les jambes moins fatiguées des impacts des longues distances. C’est en théorie !

 

En théorie aussi, je savais qu’il était possible de prédire un temps sur marathon en fonction du résultat d’une course de 5 km  http://www.runnersworld.com/tools/race-time-predictor Je me suis donc inscrit à la course de l’Armée pour un 5 km. J’ai réalisé un temps de 20 minutes 36 secondes malgré une intoxication alimentaire. Dix jours plus tard, j’ai fait un autre 5 km. J’ai encore réalisé un temps de 20 minutes 36 secondes malgré un gros rhume. C’est de la constance en termes de chrono et de maladie. Ces temps sur un 5 km me donnent une prédiction de 3h17 sur marathon. En théorie !

Puis, au début octobre, je suis tombé sur cet article en anglais :

http://www.runnersworld.com/marathon-training/heres-a-better-marathon-time-predictor

Selon cette règle, c’est 3h21 mon temps sur marathon. En théorie !

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En théorie, selon mes temps de références sur mes 5 km, je devrais faire entre 3h17 et 3h21 pour mon prochain marathon. En théorie !

De la théorie à l’obsession pour Boston

J’ai toujours cette obsession de ma qualifier et de courir de nouveau le marathon de Boston. Une fois qu’on y a gouté, c’est hautement addictif cette course. Je veux être du party de nouveau. Je n’ai pas réussi à me qualifier pour 2016 alors le désir de faire le standard est très fort. En 2016, toute ma préparation et mes entraînements n’avaient que cet objectif, me qualifier lors du marathon de la vallée de la Rouge. Il ne me restait qu’à me débarrasser de mon rhume avant le marathon. Ce qui fut fait la veille du marathon. L’énergie n’était pas au top, subissant encore les séquelles de ce vilain rhume. Je n’avais aucune idée des répercussions. Par contre, j’allais le savoir dans moins de 24 heures.

Le marathon Desjardins de la vallée de la Rouge

Le marathon en est à sa cinquième édition et moi à ma troisième participation. En 2014, j’avais fait un temps de 3h22’36. En 2015, j’avais couru le marathon avec une côte disloquée, résultat d’un éternuement super puissant car j’avais un rhume. Oui, encore un rhume, l’automne c’est ma saison des rhumes.

Le parcours de ce marathon est relativement plat, idéal pour établir une nouvelle marque personnelle ou pour faire un temps de qualification pour le marathon de Boston. Le parcours est mesuré et compte comme référence pour le marathon de Boston. Fidèle à mes habitudes, je discute avec quelques coureurs et nous sommes plusieurs à vouloir faire 3h20. Le calibre est relevé car il n’y a que 37 personnes d’inscrites pour le marathon. Ça va être vite !

Au départ, il fait 1 degré Celsius. Sur la photo, je dirais que je ne suis pas habillé pour la bonne saison lorsque je me compare avec les autres participants. Moi, je me sens bien. Je n’ai pas froid. Ma voiture étant à proximité, j’ai enlevé mon linge de surplus 2 minutes avant le départ et je me retrouve en première ligne. C’est l’avantage des petits marathons. Je les adore pour ça.

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Crédit photos Dominic Bouffard

Mais regardez-moi ces cuisses !!! Le travail en côtes a été payant.

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Crédit photos Dominic Bouffard

Le départ est donné et je me concentre sur mes sensations. Dès les premiers mètres, je réalise que ça va vite. Nous sommes à 4’25 au km alors je réduis l’allure pour adopter 4’37 au km.

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Crédit photos Dominic Bouffard

Ce coureur est en mission !

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Crédit photos Dominic Bouffard

Je m’attends à devoir faire quelques arrêts aux toilettes lors de ce marathon. Mon épisode d’intoxication alimentaire fait en sorte que mes intestins collaborent mal depuis quelques jours. C’est le cas en ce dimanche. Pendant le marathon, je vais devoir faire 2 pauses toilettes. Je vais perdre environ 2 à 3 minutes pendant ces épisodes et avant même le onzième km. Il y a de ces journées !

Malgré tout, mon allure a été constante jusqu’au 25 ième km. Vers le 29 ième km, je me mets à calculer pour réaliser qu’à l’allure que j’ai en ce moment, je me dirige vers un temps de 3h23. Si vous vous demandez à quoi je pense quand je cours un marathon, bien, je pense à mon temps et je fais des calculs. Avec un temps de 3h23, je ne vais pas à Boston alors je dois augmenter le tempo. Je suis à quelques secondes de mon but et j’ai n’ai pas le goût d’échouer. Un temps qui me semble confortable serait 3h22. Cette année, la coupure pour Boston dans mon groupe d’âge a été de 3h22 minutes 51 secondes et en 2014, 3h22 et 32 secondes. Trois minutes de jeu, c’est mon minimum acceptable pour me sentir en sécurité pour la coupure.

J’ai du puiser dans des réserves physiques et mentales pour maintenir le rythme et retrancher cette minute de trop. Je suis passé au demi en 1h39 et des poussières et j’ai fait l’autre demi en 1h42 et des poussières pour un temps de 3h21 minutes et 53 secondes. La prédiction de mon temps marathon en fonction de ma course de 5km est surprenante. La théorie a fonctionné🙂  De plus, j’ai 3 minutes et 7 secondes de mieux que mon standard pour Boston qui est de 3h25. Je pense que cela fera l’affaire. Je crois que je vais pouvoir courir de nouveau Boston, mais en 2018.

Mission accomplie

Je vis une grande satisfaction d’avoir réalisé mon objectif de course à pied pour 2016. J’ai débuté ma préparation au mois de mars afin d’avoir une progression graduelle. Je cherchais également à obtenir le sommet de ma forme au début d’octobre. J’ai bien géré ma progression, sans blessure et malgré les intoxications et le rhume, la forme était au rendez-vous. C’est un grand soulagement que de vivre ce moment d’avoir réalisé cet objectif. L’année dernière fut difficile et m’a transformé en tant que coureur et personne. Oui, l’année 2015 a été difficile avec de multiples blessures et de grandes déceptions. C’est un grand moment pour moi de faire ce temps. C’est mon deuxième meilleure chrono à vie après mon 3h19 de 2014 à Ottawa. Je suis très satisfait de ce que j’ai accompli.

Un premier ultra ?

Sur le parcours, pour me motiver à retrancher cette minute de trop, je me disais qu’il serait temps d’aller courir une course qui est dans ma « bucket List ». Comme récompense suite à ma troisième qualification pour le marathon de Boston, je vais donc aller courir mon premier ultra en juin 2017, soit un 6 heures de course à Kingston http://ca.srichinmoyraces.org/kingston/6-hour-race . C’est une course qui favorise la méditation. Un genre de Chemin de Compostelle en ultra. Pour méditer et courir sans calculer et gérer mon allure. Juste pour me faire plaisir. Je le mérite bien après avoir accompli ma mission.

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Pendant que les pros étaient à RIO, moi je m’éclatais à Brockville Ontario


L’été, je diminue l’entraînement en course à pied pour intégrer le vélo. J’en profite donc pour faire des duathlons. Cette année, ce sera un seul duathlon et à Brockville. J’ai fait 4 fois cette course au cours de 8 dernières années. C’est un parcours que j’aime bien, malgré que l’an passé le parcours avait été modifié à la dernière minute pour un parcours médiocre de la première course à pied. J’ai lu que la situation avait été corrigée alors j’ai décidé d’y retourner.

Mon objectif cette année était de faire 1h09. Mon record du parcours est de 1h10 alors je visais un nouveau record personnel. J’ai pratiqué les transitions vélo et course à pied dans le Parc de la Gatineau. Il ne me restait plus qu’à passer de la pratique à la compétition.

Au début de l’été, mon épouse, Nathalie, m’annonce qu’elle a le goût de reprendre la course à pied. J’avais mentionné à Nathalie qu’il  a un 5 km à Brockville avant le duathlon. Elle pourrait faire cette course. L’idée fait son chemin et elle fini par s’inscrire. Le retour à la course à pied sera du sérieux. Par le fait même, Nathalie et moi discutons avec une amie, Lucie, qui s’entraîne pour son premier demi-marathon. Elle se laisse convaincre de venir courir le 5 km à Brocville avec nous. Son objectif est de battre son record personnel sur la distance du 5 km pour se donner confiance dans son entraînement pour le demi.

Voilà trois comparses avec des objectifs personnels, Luc qui vise un record personnel sur la distance sprint duathlon, qui est un 2 km de course à pied, suivi de 21 km de vélo et un 5km de course à pied pour terminer. Lucie qui vise un record personnel sur 5km et Nathalie qui a comme objectif de renouer avec la course à pied et terminer l’épreuve en beauté.  Lire la suite

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Chaleur et humidité au Marathon d’Ottawa Banque Scotia 2016


Chaleur, humidité, peu de vent et du pollen en masse, voilà les conditions dans lesquelles j’ai couru le marathon d’Ottawa en 2016. Dame nature nous a joué un vilain tour ce weekend en nous donnant des conditions difficiles pour courir. J’ai passé la grande partie de ma préparation marathon à courir dans des températures en-dessous du point de congélation, et la journée de la course, c’est comme courir dans un sauna. Les prévisions météorologiques annoncent un 32 degrés Celsius pour une température ressentie de plus de 41 degrés Celsius. Chose certaine, je n’aurais pas besoin de gants et de ma tuque pour cette course🙂 Non, ce n’est pas comme le Winterman !

Face à ce qui nous attendait, le comité organisateur jonglait avec l’idée d’annuler le marathon. Je discutais avec des coureurs le vendredi soir et tout le monde voulait courir. Heureusement que le comité organisateur ne s’est pas fié à l’opinion des coureurs pour prendre leur décision. Par contre, c’est une drôle de sensation que de ne pas savoir si j’allais courir ou pas le marathon. Finalement, l’annonce sera faite samedi à midi pour dire que le marathon aura lieu. C’est le demi-marathon qui est déplacé de 9h00 dimanche à 8h15. À partir de ce moment, la fébrilité s’est installée en moi. J’avais hâte d’affronter la chaleur pour le courir Ottawa.

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Un test d’effort pour mesurer l’état de la forme physique


Après des mois d’une bataille contre une douleur au cou et aux épaules, j’ai enfin conquis. Je retrouve le plaisir et la liberté de courir sans douleur. Cet état d’enthousiasme m’a permis de remarquer que mon état de forme n’était plus comme avant.

Lors d’entraînement, je me surprends à être essoufflé rapidement et je dois ralentir. J’ai décidé de ne plus me chronométrer pendant mes sorties et de courir aux sensations. Lorsqu’une douleur au cou limite la vitesse, je crois que ça va. Comme cette douleur est maintenant chose du passé, je vois que je ne peux me fier qu’aux sensations. Je vais avoir besoin de courir selon mes zones pour éviter une nouvelle blessure.

L’idée me trotte dans la tête depuis un certain temps. Je décide donc de passer à l’action et je prends rendez-vous pour un test d’effort chez mon ami Jean-Philippe Morency entraîneur personnel chez www.kino2.ca . Le test se déroule sur un tapis roulant. Le jour du test étant venu, j’avais oublié que c’était sur un tapis. Je regarde le tapis roulant et ça ne me tente pas. Après quelques minutes à courir sur le tapis, la bonne humeur revient et je me sens d’attaque.

C’est un test d’effort combiné avec une mesure du lactate dans le sang. Le lactate est mesuré en prenant une gouttelette de sang sur le bout du doigt. J’ai fait un peu de recherche et lorsque nous sommes au repos, nous avons entre 0,8 et 1,8 mmol/l de lactate dans le sang. Certains athlètes de haut niveau réussissent à obtenir un maximum entre 15 et 20 mmol/l de lactate dans le sang. Pour consulter le protocole, c’est ce lien.

Le test se révèle une belle surprise pour moi. J’ai une vitesse allure maximale de 16,13 km/h avec 8 mmol/l et une fréquence cardiaque maximale de 176 bpm.

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Les ajustements à faire

Ce que ce test permet de corriger, c’est que j’effectuais mon échauffement trop rapidement. Mon allure était de 5’15 au km alors que je devrais avoir 5’30 au km. Pour ce qui est de mes entraînements, j’effectuais mes tempos à 4’15 au km (allure du 10 km) alors que je devrais les faire à 4’05 au km (allure du 5 km). Bref, je courais trop vite au départ et pas assez vite par la suite c’est ce qui expliquerait que je manquais de souffle en partant trop vite. Je dois apprendre à courir plus lentement au départ pour pouvoir courir plus vite par la suite.

 

Depuis que j’ai introduit ces nouvelles allures, ça va mieux. Je maintiens le rythme, mais je ne réussis pas toujours à conserver parfaitement l’allure du 5km sur mes tempos. J’ai tendance à chercher à ralentir.  Par contre, je me sens moins fatigué à la fin d’un entrainement. Avec ces nouvelles allures, je joue de prudence jusqu’au marathon Banque Scotia d’Ottawa. Il ne reste que moins de 2 semaines. Je vais faire les modifications dans mon plan pour mon marathon d’automne. Je n’ai pas encore choisi lequel, mais je sais que je vais de nouveau tenter ma chance pour réaliser le standard pour le marathon de Boston. Eh oui, cet automne,  je repars à la chasse au standard !

 

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Une victoire sans podium


Depuis juin, je traînais une blessure au niveau du cou suite à un faux-pas lors de travaux de rénovations au chalet. J’ai été accompagné par des spécialistes pour soigner ma blessure. La guérison a été beaucoup, beaucoup, beaucoup, et j’en passe, plus longue que ce que j’avais anticipé. En plus de combattre la douleur, je devais combattre mes démons intérieurs.

C’est fou comme une pensée négative arrive subitement. À titre d’exemple, je me prélasse tranquillement sur le divan en train de lire des articles sur la course et pied. Je rêve de pouvoir refaire Boston un jour. Je rêve de courir de nouveau sans douleur et, sans prévenir, je me fais envahir par une pensée négative. Le rêve passe au cauchemar. Mon cerveau cherche à me faire croire que je ne serai plus jamais capable de courir. Que c’est fini pour moi la performance lors des marathons et que plus jamais je ne ferai Boston de nouveau. Un match mental s’installe dans mon cerveau. Je combats ces pensées négatives. Je défais mes scénarios intérieurs et après plusieurs minutes, que dis-je, des heures, d’un combat acharné, je lâche prise. Je me dis que je dois simplement faire preuve de patience et qu’un jour, je recommencerai à courir sans douleur. Malgré tout, ce combat à ruiner ma soirée et à drainer mon énergie. Je me couche épuisé de moi-même, brûlé par mes pensées négatives.

Je cherche à ne plus laisser mon cerveau être envahi par de nouvelles pensées négatives. Pour y parvenir, je me fais plaisir en courant. Je cours avec mon chien, oui mon petit Yorkshire, et je cours des Fartlek, des jeux de courses. Il y a quelques semaines, dans un Fartlek, j’ai décidé que le jeu était d’attaquer les côtes. Je me suis laissé envahir par mon enthousiasme et j’ai fait un Fartlek de plus 24 km. Un record personnel de Fartlek. Les attaques des dernières côtes n’étaient pas très forte, mais je me suis fortement amusé.

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Dernièrement, j’ai fait une séance d’intervalles sans chrono et sans distance, juste pour le plaisir. J’ai rencontré, par hasard sur ma route, mon ami Noel. Il m’a pris en photo. C’était un bon test cette séance et j’ai bonne mine. Ça fait du bien. Merci pour la photo !

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Après plus de 10 mois de traitements et de m’assurer de conserver une attitude positive, je peux annoncer que ma douleur au cou et aux épaules est officiellement une chose du passé. Je vis une grande libération car je sais maintenant que je vais pouvoir courir le marathon d’Ottawa Banque Scotia avec plaisir et sans douleur. En passant, il reste encore quelques places de disponibles pour les différentes courses. C’est un super beau parcours, un des plus beau au Canada, alors je vous lance l’invitation de venir courir dans ma cour. Le marathon passe à 300 mètres de chez-moi et des portions du parcours sont mon terrain de jeu. Venez le courir avec moi et avec près de 40 000 autres personnes. L’ambiance est incroyable !

Le 29 mai prochain, je serai au départ pour le marathon. Je n’ai pas d’objectif de chrono, juste de m’amuser au maximum et de profiter des milliers d’encouragements que je vais recevoir tout au long du parcours. Je suis prêt mentalement pour recevoir tout ça. Quand à la préparation physique, bah ! c’est correct.  J’ai pris quelques kilos, 2 au total (5 livres) depuis un an. La forme n’est pas mauvaise, mais elle n’est par ce qu’elle a déjà été. Peu importe, je peux courir sans douleur et j’ai retrouvé le plaisir de courir. C’est une grande victoire, même si je n’ai pas et n’aurai pas de podium.

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L’effet domino et la gestion d’une blessure


Depuis plusieurs mois, je suis au prise avec une blessure au cou, rien à voir avec la course à pied, mais le résultat de travaux au chalet. Ce qu’il y a d’assez particulier avec une telle blessure, c’est que la douleur se déplaçait, comme un effet domino.

Un matin, c’était l’épaule droite qui répondait mal, assombrie par la douleur. Un autre matin, c’était le cou et un sacré mal de tête. Ces journées-là étaient pénible car le mal de tête drainait toute mon énergie. Un autre matin, c’était en plein entre les deux omoplates et d’autre fois, c’était l’épaule gauche.

Je me suis constitué ma petite équipe de traitements avec un chiro, un physio et une massothérapeute kinésiologue. J’ai eu des traitements, des exercices à faire à la maison, mais il n’avait rien à faire, aucune amélioration notable. J’étais à la recherche d’une petite lueur d’amélioration.

Dans ces circonstances, c’est fou l’énergie que je dépensais à me dire que ça va débloquer et à rester positif. Je ne voulais pas me décourager, pourtant, tout aurait été si simple de sombrer dans le découragement, m’enfermer en petite boule dans le garde-manger et manger de la crème glacée … pendant des heures🙂

Je continuais quand même à courir 3 à 4 fois par semaine tout en recherchant le plaisir de courir, ce qui n’était pas toujours évident. Lors de certaines sorties, mon bras droit refusait de fonctionner. J’arrivais à l’auto ou à la maison et je n’étais pas capable d’ouvrir la porte. Il n’y avait plus de force. La commande d’activation du bras entre le cerveau et la main ne fonctionnait pas. Épeurant comme situation !

Par contre, la semaine passée, il y a eu cette lueur d’espoir tant recherchée. Après un traitement, j’effectuais mes exercices de réhabilitation à la maison et j’ai senti un relâchement musculaire au niveau de l’épaule droite. Je pensais que c’était sur la bonne voie. Par contre, la douleur était présente le lendemain alors j’ai cru que c’était une fausse joie. Tranquillement, j’ai senti le relâchement musculaire se propager et j’ai gagné en souplesse. Suite à un autre traitement, l’effet recherché s’est fait ressentir et le cou a débloqué. Enfin !

Alors que la douleur se promenait d’un endroit à l’autre, elle est maintenant localisée dans mon épaule gauche depuis une semaine. Je ne suis pourtant pas gaucher, mais j’ai dû compenser en sur-utilisant mon bras gauche lors des travaux au chalet alors que le droit ne fonctionnait pas très bien.

Je sens que la guérison est sur la bonne voie. Tout ça me demande beaucoup de patience et de retenu. Surtout que j’aime courir « vite pis ben vite ». J’ai eu un bon test hier alors que je suis allé courir sans douleur un 23 – 24 km. Le rythme était soutenu et constant, mais j’ai pu discuter avec Mathieu et Tom. Ça passe vite une sortie en bonne compagnie. De plus, Tom et Mathieu sont réguliers comme un métronome pour gérer l’allure. Une belle qualité de meneurs d’allure.

Pour terminer, je ne suis pas encore rendu où je voudrais être, c’est sur la bonne voie et l’effet domino vient d’être stoppé. À ce rythme là, je crois bien que je vais pouvoir courir sans douleur le marathon d’Ottawa le 29 mai.

 

 

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Une pause pour redéfinir ma philosophie d’entraînement


J’ai pris une pause. Silence radio sur mon blogue depuis près de 4 mois. C’est du jamais vu sur ce blogue. C’est bel et bien parce que je n’avais rien à dire, j’étais en train de méditer en fait. Mon dernier marathon m’a laissé un goût amer avec des souffrances corporelles et une blessure à l’âme.

J’avoue que courir un marathon avec une côte disloquée est une idée très stupide. Je réalise après coup que ma décision de courir dans cette situation a été aveuglée par mon orgueil (Phil tu avais bien raison). Après ce marathon, j’ai vécu un genre de burnout de la course. Plus aucune motivation, je n’avais plus le goût de courir.

Durant le mois de novembre, je parle de ce que je vis avec un ami. Il me dit qu’il ne connaît pas ce sentiment, mais qu’un de ces amis a vécu une situation similaire. Il me propose de le rencontrer pour en discuter. J’accepte, je n’ai rien à perdre. Quelques jours plus tard, je reçois une mise en relation par courriel. Je vois le nom de cet ami et je n’arrive pas à y croire, c’est un coureur élite !!! Je suis encore bouche-bée que je reçois un texto de cet ami de mon ami qui me demande si je suis libre pour aller prendre une tisane. Ça va bien trop vite, je n’ai pas le temps de bien comprendre tout ce qui se passe, mais j’accepte.

La rencontre qui va changer ma vie d’athlète

Je rencontre cet ami de l’ami qui demande l’anonymat. Je respecte ça. Nous discutons d’entraînements et de choses et d’autres pour nous mettre en aise et puis j’aborde le sujet de ma perte de motivation. Je n’ai plus le goût de courir, je n’ai plus le goût de souffrir pour courir, je n’ai plus le goût de vivre des frustrations à cause de mes entraînements, je n’ai plus le goût de m’entraîner point. Je veux passer à autre chose. Voilà, je veux abandonner la course à pied.

L’ami de l’ami comprend. Il me parle de son expérience et de son cheminement personnel. Je l’écoute et j’ai peine à croire. Je connais cette personne, mais je ne savais pas qu’il avait vécu ça. À un certain point pendant son récit de vie, j’éclate en sanglots dans le restaurant. Les gens se retournent. Je crois qu’il pense que c’est un couple homosexuel qui vit une rupture. Une leçon d’humilité en direct. Je leur souris et eux, ils baissent des yeux. Je m’identifie au vécu de l’ami de l’ami, je viens de comprendre à mon tour. Merci l’ami de l’ami.

À ce moment précis, j’accepte d’abandonner la performance en course à pied et non la course à pied. Cette quête de performance me rend malheureux. J’accepte de faire de mon mieux et j’accepte le résultat de mes entraînements quel qu’il soit. L’important, c’est de courir. J’accepte aussi de laisser aller Boston. Je ne sais pas si je vais recourir le marathon de Boston un jour, mais je sais que si je fais de mon mieux, je vais courir Boston de nouveau. C’est ça la nuance. Je ne sais pas si vous comprenez, mais pour moi, toute cette phrase est ma nouvelle philosophie d’entraînement.

Les changements dans ma vie

Dans les semaines qui ont suivi, j’abandonne Dailymile, fini les entraînements publiés sur Twitter,  je cours sans montre ou chrono, bref je laisse aller, j’abandonne. C’est vraiment pénible laisser aller car j’ai le goût de connaître mon allure. Après quelques jours de cette nouvelle méthode d’entraînement, la bonne humeur revient. Je recommence à me sentir vivre de nouveau. J’éprouve de bonnes sensations en course. Ce moment est toutefois de courte durée car je me blesse … Entorse de la cheville et du genou lors d’une sortie tranquille avec mon chien.

Pour une fois, une blessure arrive à un excellent moment. Je n’ai pas eu le choix, mais j’ai quand même décidé de prendre une pause de 3 mois pour me permettre de bien digérer ma nouvelle philosophie d’entraînement, soit faire de mon mieux sans me chronométrer.

Je crois que j’avais beaucoup de stress accumulé dans mes muscles. De telle sorte, je me suis retrouvé avec des douleurs au cou, aux épaules, des points de stress dans le dos, des douleurs lombaires et des crampes dans les cuisses. Jamais en entraînement, je n’ai eu autant de douleur. Sans parler de la fatigue, alors là, je dors des 10 à 12 heures par jour et des siestes le weekend. Mon corps se rebelle, mais j’accepte. Je ne sais pas où tout ça me conduit, mais je me laisse guider.

Après trois mois de ce régime, je suis de retour sur pied. Il me reste encore une douleur au cou et je reçois toujours des traitements de physio. La guérison est sur la bonne voie. Je n’aurais jamais penser vivre autant d’émotions et de souffrance pendant cette pause. C’est comme si j’avais vécu une désintoxication de la performance. C’est illogique, mais c’est ce que je pense.

Cette période de méditation et de guérison m’a permis de refaire le plein au niveau mental, j’en avais grandement besoin, ainsi qu’au niveau physique, j’en avais bien besoin aussi. J’ai modifié la manière dont je m’entraîne car je n’ai plus de mesure de mes entraînements. Je ne sais pas la distance ou le temps et encore moins l’allure. Je fais de mon mieux et j’ai du plaisir. De cette manière, j’ai redécouvert le goût de courir grâce à l’ami de l’ami qui est devenu mon ami. Je lui envoie parfois des textos pour lui dire merci de m’avoir fait découvrir cette nouvelle philosophie d’entraînement. Il me répond que lui aussi fait de son mieux. Si un coureur élite peut le faire, un ti-cul amateur comme moi peut certainement le faire aussi.

Demain, 29 février, je commence un programme d’entraînement pour le marathon d’Ottawa Banque Scotia. Ce programme est de faire de mon mieux et d’avoir du plaisir. Par contre avec ce programme, je n’ai pas à me soucier du résultat car je sais déjà que je vais … faire de mon mieux.

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