Marathon d’Ottawa, Isabelle est qualifiée par 6 dixièmes de secondes


Je vous présente une belle histoire de persévérance de la part d’Isabelle. Lors du marathon d’Ottawa le 29 mai 2011, elle a réussi à réaliser son rêve.  Il s’agit d’une suite de son dernier récit.

Je l’ai invité à nous livrer son compte rendu de sa course. Voici donc son aventure lors du marathon d’Ottawa.

Un marathon c’est 42,2 km. Vous pensez ? Ce n’est pas tout à fait vrai. Car à moins d’être sur la bonne ligne, de prendre toutes les courbes selon la ligne de course de la mesure, le marathon d’un coureur est plus long que le 42,2 km du parcours. Je vous dis cela car c’est important pour ma qualification au marathon de Boston que j’ai réalisée lors du marathon d’Ottawa tenu le 29 mai dernier.

Mon meilleur temps sur marathon était de 3h54. Les gens me disaient que 4 minutes ce n’étaient rien. Ce n’est pas vrai aussi, c’est énorme pour une qualification.

C’est deux points étant abordés, voici mon compte rendu.

J’avais fait ma préparation pour un temps de 3h50. Je me disais que tout allait bien aller. La semaine avant le marathon, j’attrape un rhume. Simplement marcher me donne mal aux poumons. Le jeudi soir, soit 3 jours avant le marathon, avec mon conjoint nous prenons note des prévisions météorologiques. Je constate que la température sera chaude et humide.

Avec mon rhume et cette météo, mon cerveau n’en peut plus, j’abandonne. Les larmes me montent aux yeux. C’est 22 semaines de préparation marathon qui viennent de s’en aller aux oubliettes. Mon conjoint tente de m’encourager, de me dire que tout est possible, rien n’est fini, mais psychologiquement, je renonce.

Ma course vers la qualification

Le matin du marathon, je me sens congestionné. Toutefois, l’humidité m’a aidé et les premiers pas ont permis à mes sinus de se libérer. Je respire mieux et je me colle au lapin de 3h45. Je le suis d’environ 200 mètres. Je me sens bien dans la tête et dans les jambes. Je suis rayonnante et j’y crois. Vers le 18 km, je dois faire une pause pipi de 30 secondes. Je vois au loin le meneur d’allure de 3h45. À un certain point, je vois les élites passer. Je les encourage et je constate à quel point je m’amuse dans ce marathon.

Arrivée sur la Promenade de l’Aviation, il y a moins de spectateurs et on peut entendre les pas des coureurs. C’est de la bonne musique à mes oreilles. Lorsque j’arrive au point d’eau sur le viaduc, les bénévoles nous encouragent et la musique jouent à pleine tête, c’est motivant.

Plus loin je vois ma famille qui m’encourage. Je leur dit que je suis en pleine forme et que c’est dans la poche. Bref, ma course va bien car je me dirige vers un temps de 3h45. Il me reste 12 km à faire et j’ai du temps à revendre.

KM 32. La véritable bataille débute. Je commence à ralentir et j’ai un peu moins d’énergie. Je m’auto-encourage et tous les mantras possibles que j’ai dans la tête, je me les dits. À ce stade, c’est le mental qui fera le travail beaucoup plus que l’effort physique. Je la veux cette qualification. Je me donne comme objectif de me rendre au km 36, mais au km 34, je n’en peux plus, je me mets à marcher. Je fais quelques secondes de marches et 1 km de course, ce qui sera ma technique de course jusqu’à la fin.

KM 38. Je ne suis plus capable, je cours à un rythme de 6’00 au km. À ce point-ci, j’abandonne l’idée de 3h45 et je me concentre sur mon temps de 3h50, mon temps de qualification pour Boston.

KM 41. Ma Garmin annonce le km 41. Je fais un rapide calcul et je constate que je suis dans les temps, avec près de 2 minutes d’avance. Je me lève la tête et je vois au loin le marqueur de 41 km. Il me manque 300 mètres pour faire le véritable 41 km.

À ce moment je donne tout ce que j’ai. J’ai le feu dans les yeux et je me sens envahie d’un sentiment de panique. Une nouvelle vérification du temps pour m’apercevoir que je dois pousser encore plus. Je me lance dans un sprint infernal sur les derniers 300 mètres. Je dépasse tout le monde en zigzagant. La foule m’encourage et on crie : «GO Isabelle, lets go Isabelle».

Km 42,2. Je croise le fil d’arrivée et je regarde ma montre. Je vois 3h50’58. Mais est-ce le bon temps ? Je suis dans le doute. Toute trempée des pluies et de cette humidité, je veux juste retourner chez-moi. Je me fraye un chemin dans la foule et je fini par arriver à mon auto.

Dans l’auto, je pense à toutes sortes de choses. Je me demande pourquoi je cours, pourquoi je me fais mal comme ça, c’est la dernière fois que je cours un marathon … Après 45 minutes d’attente, j’arrive à la maison et en ouvrant la porte, mon conjoint me félicite. Avec un temps de 3h50’59’’4, j’ai ma qualification pour Boston!

Depuis 11 heures le dimanche 29 mai 2011, je suis sur un nuage. J’ai eu de la difficulté à dormir et je suis fatigué, mais rien ne peut remplacer cet état euphorique. Je ne sais pas si je vais pouvoir m’inscrire pour Boston 2012 avec les nouvelles procédures d’inscription, mais il n’en demeure pas moins que je suis maintenant QUALIFIÉE POUR BOSTON !!!

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13 commentaires pour Marathon d’Ottawa, Isabelle est qualifiée par 6 dixièmes de secondes

  1. Shuseth dit :

    Enorme ! Félicitations à Isabelle pour son temps et pour sa qualification pour Boston ! 🙂

  2. Florian dit :

    Bravo Isabelle pour cette qualification sur le fil, mais qualifications quand même ! J’ai connu une situation similaire de sprint sur les derniers mètres (bon ok c’était sur un 10km, pas un marathon mais l’idée est la même: donner le maximum pour atteindre son objectif)
    Et merci à Luc pour nous faire partager toutes ces bonnes expériences. Bonne chance pour l’Iron Man.

  3. dd2012 dit :

    Effectivement belle leçon de courage et de détermination…
    Bonne chance pour la suite.

  4. Philippe dit :

    Félicitation Isabelle !! Comme tu dit , juste le fait d’être qualifié t’enlève un poids énorme sur les épaules.
    Pour les autres à qui c’est leur rêve , continuer à bien progresser….y vous reste encore du temps pour cette année pour vous qualifier.

  5. merci pour ce super récit. Félicitation

  6. Valérie dit :

    Un immense bravo, c’est extraordinaire ! Un rhume à ne plus pouvoir respirer par le nez, et réussir malgré tout son objectif avec ces conditions météo extrêmes en plus, chapeau ! Quel mental ! Quel final ! En plus, ce récit m’a tout particulièrement touchée, car c’est un chrono que je rêve de faire un jour, sauf que je n’ai encore jamais passé sous les 4 heures … Encore toutes mes félicitations à Isabelle 🙂

  7. maya972 dit :

    C’est ce qui fait la beauté et toute la difficulté du marathon : Rien n’est jamais joué tant qu’on a pas franchi la ligne d’arrivée ! Bravo à toi Isabelle, tu as su te remotivé et y aller !! Et merci à toi Luc pour nous faire partager ces récits !!

  8. vinvin20 dit :

    Un récit tres prenant!
    C’est vrai que le mental joue un rôle important..Une belle qualification, sur le fil!
    On partage ça joie! 🙂

  9. François D. dit :

    Tu l’as vraiment gagné cette qualification. J’espère que tu pourras avoir le bonheur d’être sur la ligne de départ à Hopkington.

  10. Pepére dit :

    Se qualifier par 0,6 s, c’est tout simplement hallucinant! Bravo à Isabelle pour sa qualification obtenue dans des conditions météo atroces et malgré un vilain rhume!

  11. calimero13990 dit :

    Cà c’est effectivement ENORME et la joie doit être à la hauteur de sa joie!!!

    Que d’émotions sur ce Marathon;-))

  12. Michel Briand dit :

    Moi aussi j’était à Ottawa derrière le lapin de 3h45.
    C’était mon premier marathon et j’ai adoré!
    Adoré l’ambiance, le parcours, les gens.
    J’ai terminé avec 3h42m. Je visais en bas de 4h00 et 3h45 avec de la chance.
    J’ai été agréablement surpris.
    Bravo!

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